Sénégal : Ousmane Sonko s'incline devant le Conseil constitutionnel après le rejet de la révision constitutionnelle
Le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, a réagi jeudi à la décision du Conseil constitutionnel invalidant la loi portant révision de la Constitution, adoptée par les députés le 29 juin dernier. Tout en prenant acte du verdict, il a appelé au respect de la décision de la haute juridiction et réaffirmé l’engagement du Parlement à poursuivre ses missions.
« Au-delà des commentaires et avis que peuvent susciter les motivations retenues, une seule chose reste : cette décision s’impose à tous ! Dont acte ! », a écrit M. Sonko dans un message publié quelques heures après la décision du Conseil constitutionnel.
Pour l'ancien Premier ministre, cette décision illustre le bon fonctionnement des institutions démocratiques. « En démocratie, lorsque les institutions jouent leur rôle, chacune dans son périmètre d’action, aucune crise ne peut survenir », a-t-il souligné.
Le président de l’Assemblée nationale a également assuré que l'institution poursuivra pleinement son travail législatif. « Des lois seront votées ou rejetées pour honorer les engagements pris envers ce vaillant et digne peuple », a-t-il affirmé.
Cette réaction intervient après que le Conseil constitutionnel a donné raison au président Bassirou Diomaye Faye, qui avait saisi la juridiction pour contester la procédure ayant conduit à l’adoption de la réforme constitutionnelle.
Dans sa décision n°6/C/2026, la haute juridiction a relevé plusieurs irrégularités, notamment l’introduction de nouvelles charges publiques sans mécanisme de financement identifié ainsi que le non-respect de la procédure du « vote bloqué » prévue par la Constitution.
Le Conseil constitutionnel a, par ailleurs, confirmé sa compétence pour contrôler la conformité d’une loi de révision constitutionnelle, rejetant l’exception d’incompétence soulevée par le président de l’Assemblée nationale.
Cette décision intervient dans un climat de tensions politiques entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, deux anciens alliés arrivés au pouvoir en 2024. La réforme constitutionnelle, portée par la majorité parlementaire proche du Pastef, visait notamment à revoir certaines dispositions relatives à l’équilibre des pouvoirs institutionnels.
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