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Accusé d'avoir écrit sa nouvelle à l'aide de l'IA, le lauréat d'un prestigieux prix littéraire britannique a finalement été blanchi

Auteur: Bfmtv

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Accusé d'avoir écrit sa nouvelle à l'aide de l'IA, le lauréat d'un prestigieux prix littéraire britannique a finalement été blanchi

Jamir Nazir a remporté le Commonwealth Short Story Prize 2026 avec sa nouvelle The Serpent in the Grove. Mais, à peine nommé parmi les finalistes, ce retraité trinidadien a été accusé d'avoir écrit son texte avec une intelligence artificielle.

Son seul défaut est-il de ne pas être du sérail? Fonctionnaire à la retraite à Trinité-et-Tobago, Jamir Nazir était, jusqu'ici, inconnu dans le monde littéraire. Mais, sa nouvelle The Serpent in the Grove, publiée dans le magazine Granta, lui a valu le prix de la Commonwealth Foundation. Une prestigieuse récompense assortie de 2.500 livres sterling… et de nombreux soupçons.

"Une histoire originale, poétique et profondément émouvante", décrit Louise Doughty, présidente du jury.

Car dès l'annonce de sa nomination comme finaliste du prix - parmi les cinq lauréats régionaux sélectionnés sur 7.806 candidatures - des lecteurs, des écrivains et des chercheurs ont dénoncé des marqueurs d'écriture générée par IA. À savoir une prose trop lisse et impersonnelle, avec des métaphores abondantes.

Jenna Russel, chercheuse chez  Pangram une entreprise spécialisée dans la détection de textes générés par intelligence artificielle -, affirme alors que trois des cinq textes lauréats régionaux, dont celui de Jamir Nazir, semblent partiellement ou totalement produits par une machine. La nouvelle du lauréat de cette édition serait même, selon cet outil, générée à 100% par un outil.

Si ces premiers soupçons sèment le doute sur la paternité du texte, les déclarations de son auteur peuvent, elles aussi, surprendre. Dans un entretien accordé dans The Atlantis,

Jamir Nazir a nié avoir eu recours à l'intelligence artificielle... tout en se montrant favorable à son usage - y compris dans le cadre de concours littéraire.

"Je vois plutôt l'IA comme un outil qui sera intégré à l'avenir. Parce que beaucoup de gens l'utilisent, vraiment beaucoup."

Le récipiendaire du prix, qui a cité le poète caribéen Derek Walcott, parmi ses plus grandes inspirations, n'a pas non plus su donner le nom d'une des œuvres écrites par son idole, prix Nobel de littérature en 1992. Ce qui interroge aussi sur la sincérité de son propos.

Un palmarès maintenu

Ces éléments suffisent-ils à prouver sa culpabilité? Pas selon l'institution britannique, organisatrice du prix. Cette dernière a demandé aux auteurs concernés de soumettre les preuves de leur processus créatif: brouillons, documents avec horodatage, notes, plans.

Plutôt que de recourir à des logiciels de détection automatique - dont la fiabilité reste contestée dans la communauté scientifique -, elle a privilégié les discussions avec les auteurs sur leur démarche. Ainsi, Jamir Nazir a affirmé écrire sur son téléphone, en utilisant un logiciel de dictée vocale et affinant chaque ligne avant de passer à la suivante parce qu'il ne voyait que quelques lignes à la fois. Il dit s'être inspiré de son enfance dans le Trinidad rural.

Après un mois d'enquête, le directrice générale de la fondation Razmi Farooq a ainsi conclu que les textes n'avaient pas été produits par une intelligence artificielle, et a maintenu le palmarès. "Nous sommes satisfaits des témoignages de nos auteurs et de leur confirmation que l'intelligence artificielle n'a pas été utilisée dans leurs écrits", a-t-il ainsi confirmé, dans une déclaration citée par The guardian.

Dans ces accusations, Razmi Farooq y voit, aussi, une forme de mépris de classe. "Quand la voix par défaut de la machine est celle des grandes villes, l’écrivain qui ne correspond pas au moule attendu est le premier à être suspecté, dénonce-t-elle. Plus son don est surprenant, plus son génie singulier déstabilise, plus on l’accuse facilement d’être une machine."

Malgré ce dénouement, l'affaire a écorné l'image du Commonwealth prize. Et reste révélatrice du malaise et des controverses entourant l'usage de l'intelligence artificielle dans le monde de l'édition.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Jamir Nazir, lauréat du Commonwealth Short Story Prize 2026, a été accusé d'avoir écrit sa nouvelle avec une IA, mais blanchi après enquête. - L'enquête de la Commonwealth Foundation, basée sur des preuves du processus créatif, a conclu que l'IA n'avait pas été utilisée. - La directrice générale de la fondation a dénoncé un "mépris de classe" envers les auteurs ne correspondant pas au moule attendu.
Auteur: Bfmtv
Publié le: Jeudi 09 Juillet 2026

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