Après 110 ans d’exil, le tambour sacré Djidji Ayôkwé rentre enfin en Côte d’Ivoire
C’est un moment historique pour la mémoire culturelle ivoirienne. La France a procédé, vendredi 20 février, à la restitution officielle du tambour parleur Djidji Ayôkwé, arraché à son peuple en 1916 pendant la période coloniale. La cérémonie s’est déroulée au musée du quai Branly-Jacques Chirac, en présence de délégations ivoiriennes et françaises.
Objet emblématique du peuple ébrié, le Djidji Ayôkwé symbolise bien plus qu’un patrimoine matériel. Long de près de quatre mètres et pesant environ 430 kilogrammes, il servait autrefois à transmettre des messages codés, annoncer des événements majeurs ou alerter les populations face aux dangers, notamment durant les périodes de recrutement forcé sous l’administration coloniale.
« La Côte d’Ivoire est prête à accueillir ce trésor qui lui appartient », a affirmé la ministre ivoirienne de la Culture, Françoise Remarck, soulignant que ce retour marque la fin d’une attente de plus d’un siècle.
Une blessure historique reconnue
Après sa confiscation en 1916, l’objet avait été transféré en France en 1929. Il fut d’abord exposé au musée du Trocadéro avant de rejoindre les collections du musée du quai Branly. Sa restitution vient reconnaître le caractère douloureux de cette spoliation.
La ministre française de la Culture, Rachida Dati, qui a signé l’acte de transfert, a évoqué « une page complexe de l’histoire commune » entre les deux nations. Elle a salué un processus conduit dans un esprit de coopération et de respect mutuel.
Cette décision s’inscrit dans la dynamique impulsée par le président Emmanuel Macron, qui avait pris l’engagement de restituer certaines œuvres issues des collections coloniales. En 2025, le Parlement français a autorisé le déclassement du tambour, levant ainsi l’obstacle juridique lié à l’inaliénabilité des biens publics.
Une célébration nationale annoncée
Le tambour sera prochainement transféré à Abidjan, où une cérémonie nationale est prévue pour marquer son retour. Selon les autorités culturelles ivoiriennes, il sera exposé au Musée national, dans un espace dédié à la valorisation du patrimoine historique.
Premier objet d’une liste de 148 œuvres réclamées par la Côte d’Ivoire, le Djidji Ayôkwé ouvre la voie à d’autres restitutions potentielles.
Plus d’un siècle après son départ forcé, le tambour sacré retrouve enfin sa terre d’origine. Un retour chargé de mémoire, qui résonne comme un acte de reconnaissance et d’espérance pour tout un peuple.
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