Coupe du monde 2026: après l'élimination du Maroc, quel bilan tirer du parcours des équipes africaines?
Le Maroc s'est incliné face à la France en quarts de finale de la Coupe du monde 2026 (2-0), dans un match à sens unique, ce jeudi 9 juillet. Les Lions de l'Atlas étaient la dernière sélection africaine encore en lice dans la compétition. Malgré des révélations, les équipes du continent n'ont "pas progressé".
S'il y avait une équipe africaine qui sortait du lot à cette Coupe du monde 2026, c'était bien le Maroc. Seule équipe du continent à s'être qualifiée pour les quarts de finale, les Lions de l'Atlas ont montré une maîtrise de leurs matchs, une bonne assurance dans l'adversité comparé aux autres équipes du continent. Avec un match nul contre le Brésil en guise d'entrée dans la compétition, puis trois victoires contre l'Écosse, Haïti et les Pays-Bas, les hommes de Mohamed Ouahbi ont fait bonne impression dans le tournoi.
Mais ils se sont heurtés à la France, dès les quarts de finale cette fois-ci (en 2022, ils avaient perdu face aux Bleus en demi-finale). En s'inclinant 2-0 ce jeudi, les Lions de l'Atlas sortent de la compétition et entraînent le continent dans leur chute. Il n'y a donc plus d'équipe africaine en lice. Pourtant, dix avaient décroché leur ticket pour le tournoi: l'Afrique du Sud, l'Algérie, le Cabo Verde, la Côte d'Ivoire, l'Égypte, le Ghana, le Maroc, la République démocratique du Congo, le Sénégal et la Tunisie.
Avant la compétition, la presse internationale voyait en plusieurs sélections africaines de sérieuses concurrentes aux équipes européennes et sud-américaines qui dominent le football mondial. Le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Maroc étaient dans la conversation. Mais dès les seizièmes de finale, c'en était fini pour les Lions de la Teranga et les Éléphants, taclés respectivement par la Belgique et la Norvège.
Les champions d'Afrique (sur la pelouse) menaient 2-0 face aux Belges, qui sont parvenus à réaliser l'exploit en renversant le match dans les cinq dernières minutes, puis en prolongations (3-2). La Côte d'Ivoire, elle, a montré de très belles choses face aux Vikings, mais a fini par craquer sous les crampons du cyborg Erling Haaland (2-1). Quant à l'Égypte, qui avait franchi la barre des huitièmes de finale, elle aussi, menait 2-0 contre l'Argentine tenante du titre, avant de s'effondrer et de prendre trois buts dans les 15 dernières minutes.
Ces résultats laissent une amère impression de "on y était presque". Il ne faut pas oublier que l'Égypte et le Maroc se sont qualifiés aux tirs au but pour les huitièmes. Ces 15 dernières minutes d'un match de football, ce fameux "money time" ("le moment où tout se joue", en français), qui sont cruciales et qui marquent une différence entre une équipe de haut niveau et une équipe de très haut niveau. Ce qui a manqué aux équipes africaines, c'est l'expérience de ces rencontres à grand enjeu.
Sur la scène internationale, les équipes africaines n'ont "pas progressé", estime Philippe Doucet, journaliste spécialiste du football africain, au micro de l'émission Afro Foot diffusée sur Globalafrica Television. Selon lui, au bout du compte, les résultats des équipes du continent ne sont "ni décevants ni anormaux".
L'illusion d'une superperformance des équipes proviendrait du format spécial du Mondial de cette année, où 48 équipes étaient qualifiées en phase de groupes, contre 32 auparavant. "Avant, il y avait deux équipes [africaines] qualifiées en huitièmes", finalement, c'est aussi le cas cette année.
Il pointe toutefois une amélioration globale du niveau sur le continent: "On a montré que l'Afrique était compétitive pour passer le premier tour", ce qui n'était pas le cas avant 2022, détaille-t-il. Mais delà à avoir une équipe capable de gagner une Coupe du monde, non, toujours pas". Le résultat global est, au final, moins bon qu'en 2022, où le Maroc avait atteint les demi-finales: une première pour une équipe africaine. Mais face à la France, "la marche, encore une fois, était trop haute", analyse le journal marocain Le Desk.
Ce constat global étant fait, il ne faut pas oublier, par ailleurs, les beaux parcours d'équipes méconnues. La RD Congo, qui a tenu le Portugal en échec, puis a failli réaliser l'exploit en faisant douter l'Angleterre avant de s'incliner 2-1 en seizièmes de finale. Ou encore le Cabo Verde qui n'a pas perdu un match en poules, même contre l'Espagne, et qui a emmené l'Argentine championne du monde en prolongation avant de s'incliner 3-2.
Même si le résultat final est dur, cette Coupe du monde 2026 a permis de montrer une belle image du football africain, qui ne présage que du bon pour la suite. En 2030, un pays du continent, le Maroc, sera même coorganisateur des hostilités. Ce sera donc l'occasion de prendre sa revanche, à la maison.
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