PDCI-RDA : Une nomination contestée ravive les fractures internes
Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) traverse une nouvelle zone de turbulences. À la suite d’une décision prise par son président, Tidjane Thiam, des voix discordantes s’élèvent au sein du parti, dénonçant une gouvernance jugée peu concertée dans un contexte politique déjà délicat après les élections législatives de décembre 2025.
Au cœur de la polémique figure la mise en place du groupe parlementaire du PDCI-RDA à l’Assemblée nationale. Tidjane Thiam a en effet porté son choix sur Me Jean-Chrysostome Blessy, député de Béoumi, pour présider ce groupe. Une nomination qui, sans remettre en cause le profil de l’intéressé, suscite des réserves chez plusieurs cadres, tant sur la forme que sur l’opportunité politique.
D’après des informations rapportées par Jeune Afrique, les crispations se sont accentuées à la fin du mois de janvier, dans un climat marqué par le recul du PDCI-RDA aux législatives. Le principal parti d’opposition n’a obtenu que 31 sièges, soit une baisse significative par rapport à la précédente mandature, face à un RHDP largement dominant.
Les tensions ont émergé lors des rencontres préparatoires à la structuration du groupe parlementaire, conduites par le secrétaire exécutif en chef, Calice Yapo Yapo. Les députés y découvrent que le président du parti souhaite désigner lui-même le chef du groupe parlementaire, sans passer par une consultation élargie. La décision est ensuite officialisée, provoquant un malaise perceptible au sein des élus.
Réunis à huis clos le 16 janvier, à la veille de l’élection du président de l’Assemblée nationale, plusieurs députés expriment leurs frustrations. Jean-Marc Yacé, député-maire de Cocody et vice-président du parti, regrette notamment l’absence de concertation, estimant qu’un choix collectif aurait permis de renforcer la cohésion et la légitimité du groupe.
La question de l’équilibre interne est également soulevée. Jacques Ehouo, député-maire du Plateau, rappelle que le PDCI-RDA s’est historiquement appuyé sur une répartition géographique équilibrée de ses responsabilités politiques. Or, souligne-t-il, le président du groupe parlementaire désigné et le candidat du parti à la présidence de l’Assemblée nationale proviennent de la même région, une situation perçue comme un écart avec les pratiques antérieures.
Pour tenter d’apaiser les tensions, certains cadres avaient avancé d’autres profils, notamment ceux de Jérémie N’Gouan, député-maire d’Aboisso, ou de René Netro, député de Méagui et proche collaborateur de Tidjane Thiam dans l’Ouest du pays. Des pistes qui n’ont finalement pas été retenues.
Aujourd’hui, les députés critiques appellent à la tenue d’un bureau politique et souhaitent des discussions en présentiel afin de désamorcer la crise. Si l’autorité de Tidjane Thiam à la tête du PDCI-RDA n’est pas directement contestée, son éloignement prolongé du territoire national est néanmoins évoqué par certains comme un frein à la gestion efficace des dossiers sensibles, dans une phase cruciale pour l’avenir du parti.
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