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Robert Beugré Mambé : « L’Afrique a un rapport particulier avec la nature »

Auteur: ivoirematin

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Robert Beugré Mambé : « L’Afrique a un rapport particulier avec la nature »

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À l’occasion du symposium inaugural de l’Institut Laayel des sciences religieuses, le Premier ministre ivoirien a plaidé pour un retour à l’équilibre entre l’homme, son environnement et la spiritualité.

Le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, a marqué de sa présence le symposium inaugural de l’Institut Laayel des Sciences religieuses (rattaché à l’Université AIGRH des disciplines rares), ce jeudi 25 juin 2026 au Cerap-Cocody (Abidjan). En tant que patron de l’événement, le chef du gouvernement a centré son message sur la nécessité absolue de reconnecter l'humanité à ses racines environnementales et spirituelles.

Repenser la place de l'homme dans l'univers

Pour Robert Beugré Mambé, la survie et l'épanouissement de l'humanité reposent sur le respect d'une trilogie fondamentale : l’homme, la nature et le divin.

« L’homme est certes intelligent, mais il serait plus intelligent encore s’il comprenait qu’il n’est qu’un élément de la nature. » — Robert Beugré Mambé, Premier ministre de Côte d'Ivoire

Le Premier ministre a vigoureusement défendu la profondeur des traditions africaines, souvent incomprises. Selon lui, les invocations des chefs traditionnels envers les ancêtres ne relèvent pas du fétichisme, mais d'une prière « pour quelque chose de plus grand ». Il a notamment rappelé qu'avant de fonder un village, la tradition veut que des alliances spirituelles soient nouées avec les forces de la nature.

En contrepartie, il a pointé du doigt l'arrogance moderne, affirmant que la crise climatique actuelle est la conséquence directe de la rupture de ce pacte. Un dérèglement qu'il qualifie sans détour de « résultat de la bêtise humaine ».

Une synergie entre science, culture et sacré

Le recteur de l’Institut, le Pr Essane Séraphin, a placé les travaux de cette institution sous le signe du sacré. Il a notamment explicité la symbolique derrière le nom de l’Université Taharqa Sarê, un terme peuhl évoquant le « consulteur », le « bâtisseur » et le « mystique ». Exprimant sa gratitude envers le Premier ministre, désigné comme parrain académique, le recteur s'est réjoui de voir ce symposium réunir un si large panel d'universitaires et de décideurs politiques autour du dialogue avec le divin.

Face aux défis de l'Anthropocène

Le cœur scientifique de l'événement a été introduit par le Pr Hauhouot Asseypo Antoine, président honoraire de l’ASCAD. Sa conférence, intitulée « L’Anthropocène et la problématique des sciences religieuses en Afrique subsaharienne », a posé les bases des débats de la journée.

Ce thème à la fois riche et complexe a ensuite été approfondi lors d'un panel :

  1. Le Pr Kouakou N’Guessan François (président honoraire de l’Université Félix Houphouët-Boigny et co-parrain de l’événement) a mis en lumière la complexité des liens entre l'ère de l'Anthropocène (l'époque où l'activité humaine altère l'écosystème) et la théologie.
  2. La sœur Noélie Djimadoumbaye (congrégation des Sœurs Xavière) a, quant à elle, apporté un éclairage spirituel en analysant la manière dont la tradition chrétienne se positionne face aux défis environnementaux contemporains.
Auteur: ivoirematin
Publié le: Vendredi 26 Juin 2026

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