Politique

Crise en Côte d’Ivoire / Pr. Samba Koné : « Notre émergence, je refuse »

  • Source: : Ivoirematin-News | Le 17 juillet, 2017 à 10:07:16 | Lu 186 fois | 0 Commentaires
PARTAGES | J'AIMES |
content_image

image d-illustration

Le professeur Samba Diakité, enseignant à l’université Alassane Ouattara de Bouaké, a mal pour son pays. Il l’a exprimé dans un poème qu’il a partagé sur les réseaux sociaux, ce lundi 17 juillet 2017. Intitulé « notre émergence, je refuse », le texte dénonce la crise sociopolitique en Côte d’Ivoire, précisément au sommet de l’Etat, au sein de la coalition au pouvoir, qui montre que « l’émergence » à l’ivoirienne est puante.

 

« Je disais aux autres là-bas, que mon Afrique a changé,

J’insistais là-bas que mon pays a émergé,

Je disais ici que nous avons tourné la page,

J’insistais ici que nous avons changé de livre.

On m’a dit que la contradiction est le gage de tout développement,

On m’a dit que la différence est un enseignement,

Que l’enseignement est un engagement,

Que l’engagement n’est pas un encagement.

Ici, j’ai été désemparé,

Et j’ai refusé de comparer,

Mais, je ne me suis pas trompé,

Je me suis trempé,

Mais je refuse de ramper,

Je refuse de camper,

Dans la douleur,

Dans la rancœur,

Dans la noirceur,

Dans l’aigreur,

Dans la torpeur,

Dans la peur,

La peur de l’angoisse, l’angoisse de la peur ,

La peur de la certitude, la certitude de la peur.

Dans la profonde angoisse de sa certitude et de la profonde certitude de son angoisse, je les énumère :

Peur d’Éburnie, Peur de la Côte, Peur des Cotes, Peur d’Ivoire, Peur du Pouvoir, Peur du Parti, Peur des parties, Peur des hommes, Peur du Nord, Peur du Sud, Peur du Centre, Peur de l’Ouest, Peur de l’Est, Peur Orange, Peur Blanche, Peur verte, Peur d’Éléphant…

Dis à Mon Peuple que je refuse de croire en une situation alarmante,

Dis à Mon Pouvoir que je refuse de réveiller les larmes dormantes,

Dis à mon père que son silence est encombrant,

Dis à ma mère de réveiller mon père, parce que le temps est pesant.

Dis à mon oncle, que D’Un Camp, on peut réconcilier tous les camps.

Dis à Mon grand –frère que l’Aîné est celui qui accepte tous les coups, à tous les coups,

Dis encore à mon grand-frère que l’escalade du Mont d’Ivoire, bien que longue et pénible ne doit pas l’empêcher d’Amadouer ses Frères,

Dis aux petits frères que le Temps est un Conseiller et que l’Espace est une action et que la Patrie est une sacralisation.

Dis leurs que le Temps est Espace, que l’Espace est Temps,

Que Temps et Espace bâtissent une patrie et que la patrie forge des pâtres,

Qu’il faut des pâtres pour qu’adviennent des patriarches pour veiller sur le patrimoine.

Dis –leur encore que pour être moine d’une patrie, il faut oser supporter des récriminations, souvent même des injustices.

Dis –leur plus encore que pour être Moine, il faut accepter d’être môme,

Un môme Éclairé devient un Moine pour devenir un Môle,

Pour consolider le Monument,

Pour dire le serment,

Pour apaiser les tempéraments.

Du serment, jaillit le fragment :

« Ne pleurez pas!

N’accusez pas !

Ne paressez pas !

N’abdiquez pas!

Dormez pour ne jamais vous coucher, couchez-vous pour ne jamais dormir! »

Quand on frappe l’enfant, n’est-ce pas pour qu’il pleure?

Et quand l’enfant refuse de pleurer, le Mal du Père ne devient-il pas plus grand?

Devient encore plus grand le mal du père, quand le môme, tel un moine dans son moine - silence, au moine- moment, se soumet au moine-père et lui donne à boire la moine-eau.

Qui donne à boire, a à boire à donner et boit la donne.

Rester Moine n’est-ce pas un devoir pour devenir Môle?

Être Môle, n’est-ce pas devenir une bâtisse ?

Être une bâtisse, n’est-ce pas se considérer comme un monument?

La bâtisse a besoin de ses bâtisseurs comme les bâtisseurs ont besoin de la bâtisse pour re-former le bâtiment,

Pour contempler le monument.

Ô Peuples Mien, quand la moitié abandonne sa moitié, le tout se mue en un néant.

Néant du néant,

Néant néantisé, nantisé.

Néant néantise le néant.

Néant incolore,

Néant inodore,

Néant infâme,

Néant insane,

Néant du blâme,

Néant de la flamme,

Néant de l’abîme.

Pour la Cause, je refuse de dénigrer,

Je refuse d’injurier,

Je refuse d’accuser,

Je refuse de me coucher,

Je refuse qu’on allume sur la Côte la dynamite du Feu,

Je refuse qu’on arrache au Jeune Éléphant Mâle son Ivoire,

Je refuse la pensée unique,

Le système unique, je refuse

L’Homme unique, je refuse,

L’Unique-homme, je refuse

L’Unique inique, je refuse

L’Inique unique, je refuse

Mais Je refuse, je refuse, je refuse,

Je refuse…

Je refuse…

Je refuse…

Professeur Samba DIAKITÉ

 

 

Auteur: César DJEDJE MEL - Ivoirematin-News


Commentaire (0)


Commentez cet article

  Auteur

  Commentaire :

  

Service Commercial

Abidjan: +225 02 03 25 65    |    Usa, Canada, Europe : | +225 02 03 25 65   Email : [email protected]

Rédaction

Email : [email protected]