Chauffeur intercommunal, le Français Didier Nozière «se débrouille» à Abidjan

  • Source: : Web-News | Le 14 juillet, 2019 à 11:07:37 | Lu 566 fois | 0 Commentaires
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Chauffeur intercommunal, le Français Didier Nozière «se débrouille» à Abidjan

Un homme de couleur blanche au volant d’un véhicule de transport en commun, ça ne court pas les rues à Abidjan où le Français Didier Nozière attire les curiosités dans ce métier de «chauffeur» qu’il exerce pour se « débrouiller ».

Il ne passe pas inaperçu au volant de son pick-up, reliant les communes de Yopougon, son lieu de résidence, dans le sous-quartier «Académie» à Cocody, le quartier huppé dans l’Est de la capitale économique ivoirienne.

A 57 ans, Didier Nozière est chauffeur de woro-woro (transport en commun de particuliers) desservant les deux communes d’Abidjan.

Cet ingénieur et architecte de formation, reconverti en « chauffeur et médiateur », selon ses propres termes, a quitté sa France natale pour venir « se débrouiller » aux bords de la lagune Ebrié, depuis 2012.

« A mon arrivée à Abidjan, j’ai exercé sur plusieurs chantiers de construction. Quand ceux-ci ont pris fin, je me suis lancé dans le transport car je ne voulais pas rester à ne rien faire, notamment dans le métier de chauffeur que je connaissais bien », relate M. Nozière entre deux gorgées de bière, précisant qu’il ne prend pas « plus de deux verres ».

L’intégration du « Blanc chauffeur de woro-woro » comme le désignent ses condisciples a été facile. « Il est sans histoire, a le sens de l’humour et communique beaucoup sur le métier de chauffeur », apprécie Dramane Coulibaly, chauffeur de ce type de transport.

« J’ai été bien accueilli par les chauffeurs sur la ligne Yopougon-Cocody 2 Plateaux. J’apporte mon savoir-faire aux chauffeurs qui, pour la plupart, piétinent les règles du métier. Je fais, également, de la médiation quand survint un problème avec les syndicats et jusque-là, tout se passe bien», se réjouit M. Nozière.

Cependant, au sein de la clientèle, il ne fait pas l’unanimité autour de ce « métier ». Pour certains, «c’est un espion » déguisé en chauffeur comme « nous avons vu des présumés fous lors de la crise de 2002 », rappelle Narcisse Guéhi.

« Moi, espion ? Espionner qui et pour le compte de qui ? J’entends souvent ces propos sans vraiment m’attarder là-dessus. Non, ce sont des ragots », se défend Didier Nozière, père d’un garçon qui vit «dans ma villa à Port-Bouët avec mon petit-fils et ma belle-fille », ajoutant qu’il préfère leur laisser sa propriété pour « venir vivre à Yopougon avec ma femme ».

Pour Issiaka Traoré, Didier est loin d’être un espion. « C’est un monsieur sympa qui nous met dans le droit chemin des transports », témoigne-t-il non sans s’insurger contre « les colporteurs de ces ragots. Ce n’est pas parce qu’il est Blanc et chauffeur de woro-woro qu’il est espion ».

Dans tous les cas, « le chauffeur blanc » se tire bien d’affaires dans son activité. « Je gagne bien ma vie et je conseille souvent aux chauffeurs de bien gérer ce qu’ils gagnent pour assurer leurs vieux jours », indique M. Nozière.

Selon lui, l’Etat doit mettre « la main à la pâte pour mettre en place des structures », au niveau du transport en Côte d’Ivoire comme cela se fait en France afin de desservir les banlieues abidjanaises.

« Créer des sociétés où l’Etat a des parts sociales à hauteur de 50% afin de contrôler et redynamiser le secteur de transports qui est l’un des gros pourvoyeurs d’emplois dans un Etat », exhorte-t-il en guise de conclusion.

 

Auteur: APA - Web-News


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