Réforme de la CEI : Affi N’Guessan démonte le projet du gouvernement et dénonce un « monologue » de la Primature
Le président du Front populaire ivoirien (FPI) et de la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP-CI), Pascal Affi N’Guessan, a vivement critiqué, ce jeudi 25 juin 2026, la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) annoncée par le gouvernement. Lors d’une conférence de presse tenue au siège de son parti, il a dénoncé une démarche unilatérale du pouvoir et mis en garde contre les risques d’une réforme qui, selon lui, ne répond pas à la crise de confiance autour du processus électoral.
Cette sortie fait suite à la réunion organisée le 22 juin dernier à la Primature, au cours de laquelle le gouvernement a présenté son projet de remplacement de l'actuelle CEI par un nouvel organe tripartite.
Dès l'entame de son intervention, l'ancien Premier ministre a regretté la forme de cette rencontre, qu'il a qualifiée de simple « séance d'information unilatérale », sans véritable espace de dialogue. Selon lui, il s'agissait davantage d'un monologue gouvernemental qu'une concertation avec les acteurs politiques.
« Il n'était pas nécessaire de convoquer les partis politiques à la Primature pour une communication descendante. Les canaux officiels, notamment la RTI et la radio nationale, auraient largement suffi », a-t-il estimé.
Tout en reconnaissant la gravité des crises post-électorales de 2000, 2010 et 2020, évoquées par le Premier ministre, Pascal Affi N'Guessan a dénoncé ce qu'il considère comme une contradiction dans le discours officiel.
Pour le président du FPI, il est incohérent de saluer simultanément « la maturité démocratique » du pays et le « bon fonctionnement de la CEI » alors que ces consultations électorales ont été marquées par des violences ayant fait des milliers de victimes, notamment plus de 3 000 morts en 2010.
Au nom de la CAP-CI, il a accusé le pouvoir de refuser de poser un diagnostic sincère de la crise de confiance qui mine les institutions électorales. Selon lui, le régime est le principal responsable de la perte de crédibilité de l'ancienne CEI.
Affi N'Guessan a notamment dénoncé une « caporalisation » de l'institution électorale par le pouvoir, une instrumentalisation politique au profit du RHDP, qu'il a qualifié de « pieuvre d'Éburnie », ainsi qu'un manque de transparence et l'exclusion de l'opposition significative et d'une société civile crédible.
Le leader de l'opposition s'est également opposé à la nouvelle architecture électorale proposée par le gouvernement, qui prévoit de répartir le processus électoral entre trois organes distincts chargés respectivement de l'organisation matérielle du scrutin, du recensement des votes et du contrôle de la régularité.
À ses yeux, l'argument de l'expertise technique et de l'efficacité opérationnelle avancé par l'exécutif ne constitue pas une garantie de paix électorale.
« Les fraudes et les pratiques de favoritisme sont souvent le fait de personnes techniquement compétentes. Ce dont le pays a besoin, c'est d'institutions véritablement neutres, inclusives et crédibles », a-t-il soutenu, estimant que seule une réforme fondée sur ces principes permettra de restaurer durablement la confiance des acteurs politiques et de préserver la stabilité en Côte d'Ivoire.
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